C’est comme ces questions que nous nous posions, moitié sérieux, moitié joueurs :

« Et si tu partais sur une île déserte, que prendrais-tu avec toi ? »

S’il ne devait rester qu’une chose, une seule, à mettre dans notre petit baluchon…

Retour vers l’essentiel, au moment de rejoindre mon lieu de confinement, mon évidence s’appelle Chanel.

Depuis mes 18 ans, c’est MON parfum.

Il y bien eu cette traversée du désert où il me fallait choisir entre manger et sentir bon, et où mon appétit terrestre fut le plus fort (et le plus raisonnable, finalement). Il arrive aussi que certains de mes amants, dépassés peut-être par cette intensité qui fait corps avec la mienne, tentent de me dévergonder. On m’a offert tellement d’autres jus… !

Mais Coco Chanel, c’est mon refuge. C’est ce dont je m’habille quand tout le reste n’est que tristesse. C’est mon armure, ma mémoire, la seule chose que je rêverais d’emporter dans l’au-delà, car soyons clair : s’il n’y a pas de Chanel au ciel, alors le paradis n’existe pas ! A travers mon parfum, c’est la femme que je rêvais d’être, enfant, qui semble devenir réelle….