Les Cinq Sens

Que voulez-vous? J’adore toutes ces bêtises. Ces petits riens cachés partout.  Ces formes, ces odeurs, ces bruits,… qui se dévoilent et nous amusent, nous  inspirent, nous font rêver ou parfois même : nous excitent, un peu…

Comme le ferait une plume sur une peau mise à nue…

Elle a commencé à me caresser à travers le tissu de mon pantalon. Toujours en regardant par la fenêtre de la voiture, comme ça, distraitement. D’abord assez légèrement, puis un peu plus fort. J’ai commencé à bander, mais plus par automatisme, pas par plaisir. Enfin, tu vois quoi. Des fois, on devient durs, mais c’est plus un réflexe. J’ai vu un arrêt de bus, j’ai fait mine de ralentir, elle a serré ma queue, la garce ! J’ai donné un coup d’accélérateur sans faire exprès, et là, j’ai vu qu’elle souriait, fière d’elle ! J’étais complètement à l’ouest ! Heureusement qu’elle, elle perdait pas le nord ! Lol.
Bref, d’un coup, elle me dit de prendre la première à droite, puis la deuxième à gauche, puis ceci, puis cela… Et au fur et à mesure de ses directives, elle commence à ouvrir ma braguette, et à me sortir le sexe du pantalon. Ouaouh ! Le tout comme une vraie pro hein, attention ! Pas un poil qui coince, pas une fausse manip’ de bouton, nickel la fille ! On sentait la maîtrise là ! Elle m’a pris entre ses doigts, comme ça, sans trop serrer. C’était bizarre. En fait, elle tenait ma queue aussi négligemment que si elle avait ramené une baguette de pain chez elle. Toujours en regardant par la fenêtre, l’air de rien, comme si c’était la chose la plus naturelle au monde de branler un collègue dans sa bagnole. Franchement bizarre, la meuf.

Extrait de: La Suceuse, dans: Talons rouges

C’est comme ces questions que nous nous posions, moitié sérieux, moitié joueurs :

« Et si tu partais sur une île déserte, que prendrais-tu avec toi ? »

S’il ne devait rester qu’une chose, une seule, à mettre dans notre petit baluchon…

Retour vers l’essentiel, au moment de rejoindre mon lieu de confinement, mon évidence s’appelle Chanel.

Depuis mes 18 ans, c’est MON parfum.

Il y a bien eu cette traversée du désert où il me fallait choisir entre manger et sentir bon, et où mon appétit terrestre fut le plus fort (et le plus raisonnable, finalement). Il arrive aussi que certains de mes amants, dépassés peut-être par cette intensité qui fait corps avec la mienne, tentent de me dévergonder. On m’a offert tellement d’autres jus… !

Mais Coco, de Chanel, c’est mon refuge. C’est ce dont je m’habille quand tout le reste n’est que tristesse. C’est mon armure, ma mémoire, la seule chose que je rêverais d’emporter dans l’au-delà, car soyons clair : s’il n’y a pas de Chanel au ciel, alors le paradis n’existe pas ! A travers mon parfum, c’est la femme que je rêvais d’être, enfant, qui est devenue réelle…

Rôôôôôôôôô !

Nooooon !

C’était pas possible, une chose pareille ! Ça ne pouvait pas exister ! Mais combien mesurait-donc ce, cette, ce, ce pénis (décidément, Mme Zorbit était une femme de peu de vocabulaire) ?

Véritablement estomaquée devant l’engin, Mme Zorbit était à deux doigts de sortir la règle de son tiroir pour le mesurer, lorsque la caméra bascula vers la droite, tout en reculant un peu. Cadrant à la perfection une jeune femme à quatre pattes, toujours plantée sur ce gigantesque membre dont on n’avait toujours pas aperçu l’ombre du gland. Or au moment même où la caméra s’arrêtait sur elle, la femme tourna la tête vers Mme Zorbit, et la regarda droit dans les yeux, l’air triomphant.

Extrait de: Adamo Bello, dans: Plein la vue

D’ailleurs, j’ai poussé un petit cri. J’étais étonnée par le geste, pas aussi doux et hésitant que ceux auxquels j’étais habituée, mais surtout par le fait que, quelque part, je ressentais une sorte de plaisir dans ce manque de douceur. Entre mes cuisses, je sentais une chaleur, et une sensation indescriptible, comme si quelque chose de mystérieux s’y développait, chaud, humide.

Extrait de: Le Miroir, dans: Plein la vue